Mobiles
Un Mobile pas comme Calder à l'extèrieur pour la magie l'architecture et le design

"Le mobile est magique.
Il est comme une présence jamais identique, mue par les forces d’un équilibre remis sans cesse en question.
Cet équilibre qui toujours cherche à se recomposer est comme une métaphore de notre époque si incertaine.
J’ai toujours aimé les mobiles.
La première occasion d’en créer m’a été offerte par Knoll France qui m’a sollicité pour réaliser une installation à l’occasion de la réouverture de son show-room, boulevard Saint-Germain à Paris.
Je travaillais avec Knoll depuis plusieurs années déjà sur l’iconique ligne « tulip » d’Eero Saarinen que j’ai considéré à la fois comme une sculpture et un support idéal pour ma peinture.
J’ai ainsi réalisé et continue de peindre les chaises, fauteuils et tables de Saarinen.
Chaque pièce est unique, peinte à la main, au pinceau.
J’aime assez la formule « faire de la « tulip » une nouvelle
fleur…
Pour le projet de Knoll, j’ai imaginé que, si j’étais une chaise, mon rêve serait de ne plus avoir en permanence les pieds collés au sol…
L’idée était là : en les découpant, en les mettant littéralement en morceaux, je ferai disparaître les chaises et leur fonction première – s’asseoir – pour les réinventer sous une forme nouvelle et sans usage : le mobile.
J’ai une grande admiration pour l’oeuvre de Calder.
En matière de mobile il est la référence absolue et il n’est pas possible d’aborder le sujet sans penser à lui.
En m’aventurant sur son territoire, j’avais pour seule ambition de tenter de l’enrichir.
Découper les fauteuils de Saarinen m’a ouvert une première voie : là où Calder travaille des surfaces planes, toutes mes pièces sont en volume.
Ce n’est pas un détail.
Suivant l’angle de vision, les formes peuvent prendre (ou pas) une
signification.
La découpe des formes est ainsi souvent source de surprise (des oiseaux apparaissent par exemple).
Les volumes renforcent également de façon évidente le rôle de la lumière : des ombres mouvantes se créent…
Le volume ouvre enfin des perspectives étonnantes quand il s’agit de le peindre.
C’est là ma troisième singularité : un vrai travail de peinture qui augmente encore le coté magique et spectaculaire des mobiles.
La peinture permet de créer des correspondances entre les pièces, de suggérer des perspectives inattendues, de casser les formes ou d’en créer d’autres…

Mon approche des mobiles s’articule ainsi autour de quelques idées simples :

-   Utiliser une pièce emblématique du design pour raconter une nouvelle histoire
-   Créer des formes à partir d’autres formes,
-   Considérer les surfaces comme des volumes
-   Et faire ce que j’aime : peindre."
B.S.